En bref
En 2026, MaPrimeRénov' a rouvert le 23 février après un gel de 7 semaines, avec des taux d'aide allant jusqu'à 75 % du coût des travaux pour les ménages très modestes. Les aides sont cumulables avec les CEE et l'éco-PTZ (jusqu'à 50 000 €), mais les ménages supérieurs sont désormais exclus du dispositif. Déposez votre dossier le plus vite possible sur maprimerenov.gouv.fr pour éviter tout nouveau blocage budgétaire.
Depuis le 1er janvier 2026, les aides à la rénovation énergétique ont traversé une zone de turbulences. MaPrimeRénov’ a été gelée plusieurs semaines, les règles d’éligibilité ont été remaniées et de nombreux propriétaires ne savent plus à quel saint se vouer. Bonne nouvelle : le dispositif a rouvert le 23 février 2026, avec des ajustements qu’il vaut mieux comprendre avant de lancer vos travaux.
Ce guide rassemble tout ce qu’il faut savoir en 2026 : les montants réels par type de travaux et par tranche de revenus, les aides cumulables (CEE, éco-PTZ, aides locales), deux simulations chiffrées et un parcours pas à pas pour monter votre dossier sans le faire rejeter. Pour une vue d’ensemble sur tous les dispositifs disponibles cette année, consultez notre tour d’horizon des aides à la rénovation énergétique en 2026.
MaPrimeRénov’ 2026 : suspendue, puis relancée, ce qui a vraiment changé
Le gel de janvier 2026 et la réouverture du 23 février : ce qu’il faut retenir
La loi de finances 2026 (PLF 2026) a été adoptée avec un objectif d’économies de 43,8 milliards d’euros, ce qui a conduit à une interruption technique de MaPrimeRénov’ dès le 1er janvier. Pendant près de sept semaines, aucune nouvelle demande n’a pu être déposée sur la plateforme France Rénov’. Le gel a semé la confusion chez les propriétaires qui avaient déjà lancé des devis ou signé des bons de commande.
Depuis le 23 février 2026, le dispositif est à nouveau ouvert. Les dossiers en attente ont été traités par ordre de dépôt, mais les délais observés restent plus longs qu’en 2025 : comptez en moyenne six à dix semaines entre le dépôt et la notification de décision. Si vous avez un projet en cours, la priorité est de déposer votre demande le plus tôt possible pour éviter d’éventuels nouveaux arbitrages budgétaires en fin d’année.
Les 3 déclinaisons de MaPrimeRénov’ en 2026
Le dispositif conserve sa structure en trois branches, mais chacune a subi des ajustements :
- MaPrimeRénov’ Décarbonation : aide par geste unique (isolation, chauffage, ventilation). Accessible sans audit préalable pour la plupart des travaux, sauf pour l’isolation des murs, désormais exclue du parcours par geste (sauf pour les passoires thermiques classées F ou G, où elle reste temporairement éligible).
- MaPrimeRénov’ Copropriétés : destinée aux syndicats de copropriétaires pour des travaux sur les parties communes. Les conditions de vote en assemblée générale et les plafonds de dépenses ont été précisés.
- MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné : pour les rénovations globales visant un saut d’au moins deux classes DPE. Cette branche est soumise à un audit énergétique obligatoire et au suivi par un Mon Accompagnateur Rénov’ agréé.
Nouveaux critères d’éligibilité : qui peut demander quoi ?
Les plafonds de ressources sont calculés selon le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer et le nombre de personnes qui le composent. En 2026, quatre profils sont distingués : ménages très modestes, modestes, intermédiaires et supérieurs. Les ménages très modestes et modestes bénéficient des taux d’aide les plus élevés sur toutes les branches. Les ménages intermédiaires accèdent à MaPrimeRénov’ Décarbonation et au Parcours Accompagné, mais avec des taux réduits. Les ménages supérieurs ne sont plus éligibles au Parcours Accompagné depuis la réforme de 2026 ; ils peuvent toutefois mobiliser les CEE et l’éco-PTZ.
À noter : les propriétaires bailleurs peuvent désormais bénéficier de MaPrimeRénov’ Décarbonation à condition que le logement soit loué à titre de résidence principale et que les travaux permettent de sortir le bien des catégories F ou G.
Tableau complet des montants 2026 par type de travaux et par tranche de revenus
Plafonds et primes par geste
Le tableau ci-dessous synthétise les taux de prise en charge indicatifs par profil de revenus pour les principaux gestes éligibles en 2026. Les montants sont exprimés en pourcentage du coût des travaux, dans la limite d’un plafond de dépenses fixé par l’ANAH.
| Type de travaux | Très modeste | Modeste | Intermédiaire | Supérieur |
|---|---|---|---|---|
| Isolation combles perdus | 75 % | 60 % | 40 % | Non éligible |
| Isolation plancher bas | 75 % | 60 % | 40 % | Non éligible |
| Isolation murs (passoires F/G uniquement) | 75 % | 60 % | 40 % | Non éligible |
| Pompe à chaleur air/eau | 70 % | 50 % | 40 % | Non éligible |
| Chauffe-eau thermodynamique | 60 % | 45 % | 30 % | Non éligible |
| VMC double flux | 55 % | 45 % | 25 % | Non éligible |
| Remplacement chaudière gaz (haute perf.) | 40 % | 30 % | Non éligible | Non éligible |
Ces taux s’appliquent sur un montant de travaux plafonné. Pour une isolation des combles, le plafond de dépenses éligibles est de 75 euros par mètre carré. Pour une pompe à chaleur air/eau, il est fixé à 10 000 euros pour une installation standard. Pour en savoir plus sur les montants spécifiques et les démarches liées à ce type d’équipement, consultez notre guide sur l’aide pompe à chaleur 2026.
Parcours Accompagné : révision des plafonds, ce que ça change concrètement
Le Parcours Accompagné a subi une révision à la baisse de ses plafonds de dépenses éligibles en 2026. Le plafond global pour une rénovation globale passe à 70 000 euros HT (contre 90 000 euros précédemment), ce qui réduit mécaniquement le montant maximum d’aide perçu. En contrepartie, les taux de prise en charge ont été légèrement relevés pour les ménages très modestes, avec une prime pouvant atteindre 63 000 euros pour un saut de deux classes DPE ou plus.
Le recours à un Mon Accompagnateur Rénov’ reste obligatoire pour toutes les demandes relevant de ce parcours. Son rôle est de valider le projet, coordonner les artisans RGE et s’assurer de la cohérence du plan de financement.
Les autres aides à cumuler en 2026 : CEE, éco-PTZ, aides locales
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : c’est quoi, comment en profiter ?
Les CEE sont souvent la grande oubliée des plans de financement. Pourtant, ils peuvent représenter plusieurs centaines, voire quelques milliers d’euros de prime supplémentaire selon les travaux réalisés. Le principe est simple : les fournisseurs d’énergie (EDF, TotalEnergies, Engie, etc.) sont contraints par l’État de financer des travaux d’économies d’énergie chez les particuliers. En échange, ils reçoivent des « certificats » qui valident leur contribution.
Pour vous, propriétaire, cela se traduit par une prime versée directement par l’obligé (le fournisseur d’énergie) ou via une plateforme spécialisée. Vous n’avez pas à contacter votre fournisseur vous-même : des agrégateurs comme Hellio, Effy ou Sonergia rassemblent les offres et gèrent les démarches. La 6e période des CEE, lancée au 1er janvier 2026, maintient les travaux les plus courants (isolation, pompe à chaleur, chaudière biomasse) et introduit un bonus CEE précarité pour les ménages modestes et très modestes, cumulable avec MaPrimeRénov’.
L’éco-PTZ 2026 : conditions, montants, banques partenaires
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est un prêt sans intérêt distribué par les banques partenaires de l’État pour financer le reste à charge après déduction des primes. En 2026, il est accessible aux propriétaires occupants et aux bailleurs, sans conditions de ressources.
Les montants empruntables varient selon le nombre de gestes réalisés :
- Jusqu’à 30 000 euros pour un seul geste (isolation ou chauffage).
- Jusqu’à 50 000 euros pour un bouquet de trois gestes ou plus, ou pour une rénovation globale accompagnée.
La durée de remboursement est de 15 ans maximum (20 ans pour les rénovations globales). Les banques habilitées à distribuer l’éco-PTZ incluent notamment le Crédit Agricole, la Banque Postale, le CIC, la Caisse d’Épargne et BNP Paribas. Il est recommandé de comparer les offres, car les conditions de souscription (délai de traitement, exigences de dossier) varient d’un établissement à l’autre.
Aides régionales et locales : un bonus souvent oublié
En dehors des dispositifs nationaux, de nombreuses collectivités territoriales proposent leurs propres aides, souvent cumulables avec MaPrimeRénov’ et les CEE. Ces dispositifs sont hétérogènes et évoluent chaque année, mais ils peuvent représenter de 500 à 5 000 euros supplémentaires selon votre région.
Quelques exemples concrets en 2026 :
- Île-de-France : la Région subventionne jusqu’à 3 000 euros pour l’installation d’une pompe à chaleur dans les logements classés E, F ou G.
- Bretagne : le dispositif « Breizh Rénov » cofinance les audits énergétiques pour les ménages modestes.
- Métropole de Lyon : aide directe pour l’isolation des toitures dans les copropriétés, avec un guichet unique dédié.
- Occitanie : subvention complémentaire pour les ménages très modestes réalisant une rénovation globale.
Pour identifier les aides disponibles à votre adresse, le site France Rénov’ (france-renov.gouv.fr) dispose d’un simulateur géolocalisé qui liste toutes les aides nationales et locales auxquelles vous pouvez prétendre.
Simulation chiffrée : combien touchez-vous vraiment en 2026 ?
Cas concret, maison classée F, ménage modeste, isolation combles + PAC
Prenons le cas d’un couple propriétaire en Sarthe, avec deux enfants, un revenu fiscal de référence de 28 000 euros par an (profil « modeste »). Leur maison individuelle de 120 m², construite en 1978, est classée F au DPE. Ils souhaitent réaliser deux travaux : une isolation des combles perdus (60 m²) et l’installation d’une pompe à chaleur air/eau.
| Poste | Coût HT estimé | MaPrimeRénov’ (60 %) | CEE | Reste à charge |
|---|---|---|---|---|
| Isolation combles (60 m²) | 2 700 € | 1 620 € | 350 € | 730 € |
| Pompe à chaleur air/eau | 8 500 € | 4 250 € | 600 € | 3 650 € |
| Total | 11 200 € | 5 870 € | 950 € | 4 380 € |
Sur un investissement total de 11 200 euros, ce ménage modeste perçoit près de 6 820 euros d’aides cumulées, soit un reste à charge de 4 380 euros. En mobilisant un éco-PTZ sur 10 ans, cela représente environ 36 euros par mois de remboursement, sans intérêt. Une aide régionale éventuelle viendrait encore réduire ce solde.
Cas concret, appartement en copropriété, ménage intermédiaire, remplacement chaudière
Second cas : un propriétaire occupant à Bordeaux, célibataire, RFR de 42 000 euros (profil « intermédiaire »). Il possède un appartement de 65 m² dans une copropriété des années 1990 et souhaite remplacer sa chaudière gaz individuelle par un chauffe-eau thermodynamique.
Pour un chauffe-eau thermodynamique à 2 800 euros TTC, le taux MaPrimeRénov’ pour un ménage intermédiaire est de 30 %, soit 840 euros de prime. Les CEE apportent environ 150 euros supplémentaires. Le reste à charge tombe à environ 1 810 euros, finançable par éco-PTZ ou sur fonds propres. Ce profil ne bénéficie plus du Parcours Accompagné depuis la réforme 2026, ce qui incite à raisonner geste par geste plutôt qu’en rénovation globale.
Comment monter son dossier pas à pas en 2026 ?
Étape 1, Faire réaliser un audit énergétique
Pour toute demande relevant du Parcours Accompagné, un audit énergétique réalisé par un professionnel certifié est obligatoire. Cet audit doit être distinct du simple DPE : il analyse la consommation réelle du logement et propose deux scénarios de rénovation hiérarchisés. Son coût oscille entre 500 et 1 500 euros selon la surface et la complexité du bâti, mais il est lui-même partiellement financé par MaPrimeRénov’ (jusqu’à 500 euros pour les ménages très modestes).
Pour un parcours par geste simple (isolation ou chauffage seul), l’audit n’est pas obligatoire, mais un DPE récent (de moins de 10 ans) reste nécessaire pour constituer le dossier.
Étape 2, Trouver un artisan RGE et un Mon Accompagnateur Rénov’
Tous les travaux financés par MaPrimeRénov’ doivent être réalisés par un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). La liste des professionnels RGE par zone géographique est consultable sur france-renov.gouv.fr ou directement via l’annuaire RGE du site Faire. Si vous envisagez des travaux d’isolation, pensez également à anticiper les questions d’ordre technique comme l’ordre d’intervention entre électricité et isolation, qui peut avoir un impact sur le planning de votre chantier.
Pour le Parcours Accompagné, un Mon Accompagnateur Rénov’ agréé doit être mandaté dès le début du projet. C’est lui qui valide le plan de financement, coordonne les entreprises et dépose le dossier. Son coût est pris en charge à hauteur de 100 % pour les ménages très modestes et de 50 % pour les ménages modestes.
Étape 3, Déposer la demande sur France Rénov’ : délais et pièges à éviter
La demande se fait exclusivement en ligne sur maprimerenov.gouv.fr. Quelques erreurs récurrentes conduisent au rejet des dossiers :
- Commencer les travaux avant d’avoir reçu l’accusé de réception de la demande (les travaux débutés avant ce stade ne sont pas éligibles).
- Fournir un devis non signé ou une facture incomplète (sans mention de la certification RGE de l’artisan).
- Oublier de joindre l’avis d’imposition de l’année N-1 pour justifier la tranche de revenus.
- Dépasser le délai de 3 ans entre la notification d’aide et la réalisation des travaux.
Le délai moyen de traitement depuis la réouverture de février 2026 est de 6 à 10 semaines. Prévoyez ce délai dans votre planning de chantier.
Nouveau DPE 2026 et obligations pour les passoires thermiques
Nouveau mode de calcul au 1er janvier 2026 : qu’est-ce qui change ?
Depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du DPE a été révisée pour mieux prendre en compte les petites surfaces (moins de 40 m²) et les logements anciens en maçonnerie traditionnelle. De nombreux propriétaires constatent un changement de classe énergétique, parfois d’un cran à la hausse ou à la baisse. Si votre DPE date d’avant 2026 et que votre logement se situe en F ou G, il est fortement conseillé de faire réaliser un nouveau diagnostic pour disposer d’une évaluation à jour avant de monter un dossier d’aide.
Calendrier des interdictions locatives : êtes-vous concerné ?
Le calendrier d’interdiction à la location des passoires thermiques se poursuit selon le calendrier prévu :
- Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G sont interdits à la location (nouveaux contrats et renouvellements).
- À partir du 1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F.
- À partir du 1er janvier 2034 : interdiction étendue aux logements classés E.
Si vous êtes propriétaire bailleur d’un bien classé G, vous êtes d’ores et déjà concerné par l’interdiction. Les aides à la rénovation énergétique constituent dans ce cas non seulement une opportunité financière, mais une nécessité légale pour maintenir votre bien sur le marché locatif.
Et après 2026 ? Ce que prépare la réglementation
La trajectoire réglementaire pour 2027 et au-delà est encore en cours d’arbitrage au niveau gouvernemental, mais plusieurs tendances se dessinent clairement. Le Parcours Accompagné devrait voir ses exigences de performance renforcées : les projets ne visant qu’un saut de deux classes pourraient être remplacés par une obligation de rénovation jusqu’à la classe C minimum pour accéder aux taux d’aide maximaux.
Du côté des CEE, la 6e période court jusqu’en 2030, ce qui garantit une certaine stabilité de ce dispositif. En revanche, MaPrimeRénov’ reste soumise aux arbitrages budgétaires annuels, et une nouvelle suspension ne peut pas être exclue si les finances publiques se dégradent. La recommandation des professionnels du secteur est unanime : si vous avez un projet de rénovation planifié, ne tardez pas à déposer votre dossier.
Enfin, la révision du DPE prévue pour 2028 devrait introduire une prise en compte plus fine des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie des matériaux, ce qui pourrait revaloriser certains matériaux biosourcés (laine de bois, chanvre) dans les calculs d’aide. Si votre projet de rénovation inclut une production d’énergie renouvelable, sachez que les aides dédiées ont également évolué : renseignez-vous sur les changements intervenus sur les aides aux panneaux solaires en 2026 avant de finaliser votre plan de financement.
FAQ : Aides rénovation énergétique 2026 : montants, conditions et démarches
MaPrimeRénov' est-elle toujours accessible en 2026 ?
Oui, après une suspension au 1er janvier 2026 faute de budget voté, MaPrimeRénov' a rouvert le 23 février 2026 avec de nouvelles règles d'éligibilité.
Quels travaux sont éligibles à MaPrimeRénov' en 2026 ?
L'isolation des murs par l'extérieur a été retirée du parcours par geste (sauf passoires thermiques), mais les pompes à chaleur, l'isolation des combles et le parcours accompagné restent couverts.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov' avec d'autres aides en 2026 ?
Oui, MaPrimeRénov' est cumulable avec les CEE, l'éco-PTZ et certaines aides des collectivités locales, ce qui peut réduire significativement le reste à charge.
Qu'est-ce que l'éco-PTZ et comment l'obtenir en 2026 ?
L'éco-PTZ est un prêt à taux zéro pour financer des travaux de rénovation énergétique ; il s'obtient auprès de banques partenaires sans condition de revenus et peut atteindre 50 000 € selon les travaux.
Le nouveau DPE 2026 change-t-il l'étiquette de mon logement ?
Potentiellement oui : le nouveau mode de calcul entré en vigueur au 1er janvier 2026 peut reclasser certains logements, ce qui impacte les obligations des propriétaires bailleurs.